A mon tour. Très bonne pièce, très bien jouée, à voir, vraiment.
A notre arrivée dans la salle (en plus, nous étions les premiers à rentrer, et même si nous avons laissé le premier rang libre, personne ne s'y est mis), 4 personnages assis en combi de travail, avec le masque à gaz sur le visage, qui regardaient vers nous sans bouger... Le ton était donné !
Une bande son excellente, des acteurs époustouflants de vérité et parfaits dans leur rôle, une utilisation judicieuse de la vidéo. J'avais déjà vu pas mal de spectacles de danse avec utilisation de vidéo (la technique serait-elle plus répandue dans cette discipline ?), et je trouve que très souvent, ça sert le spectacle.
Là, c'était tout naturel que les images soient omniprésentes, comme dans le roman, avec le télécran qu'on ne peut éteindre. Mais la façon d'amener ou de poursuivre la scène qui se déroulait sur la scène (oui, faut suivre) sur les écrans, avec les acteurs que nous avions devant nous qui étaient aussi sur la vidéo... Chapeau, avec effectivement des écrans s'emboîtant et se déboîtant...
J'ai beaucoup aimé aussi l'analogie rat/personnages du Parti avec les masques, donc terreur pour les deux de Winston.
Très bonne adaptation donc, où ils ont même réussi à expliquer le Novlangue de manière claire et concise (pour avoir lu le livre et la façon dont c'est détaillé, je trouve que c'était très difficile). L'oeuvre très riche d'Orwell est très bien exploitée, quasiment tout est dans la pièce, et l'atmosphère nous oppresse du début à la fin, comme pour le livre.
En conclusion, je dirais que je suis souvent déçue par les adaptations films/livres, mais que curieusement, au théâtre (pour avoir vu Devinez qui? tiré des 10 petits nègres, Orange Mécanique (dont 1984 m'a rappelé la violence, surtout dans le traitement fait pour détruire toute forme de rebellion) et 1984, je suis toujours bluffée par des adaptations qui restituent tant l'atmosphère que j'ai pu adorer dans les livres.
"Qui contrôle le passé, contrôle le futur, qui contrôle le présent, contrôle le passé"
"La liberté, c'est l'esclavage"
"La guerre, c'est la paix"
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